Le jour de la rentrée;le mardi 4 septembre,à 9 heures 30 au collège Jean Baptiste Vatelot qui se trouve au centre de Toul, petite ville « pot de yaourt » située dans le nord est de la France à une vingtaine de kilomètres de Nancy, tout le monde s?agite comme dans tous les établissements scolaires pour ce grand moment. Mais à Vatelot, c?est un peu différent car ce collège ne compte qu?environ 450 âmes ce qui le rend plutôt sympathique et à dimension humaine, surtout quand on arrive de l?école primaire. A Toul, ce petit collège est réputé pour son apprentissage des langues et pour son petit nombre d'élèves.
Les 4èmes A sont en section Europe, la majeure partie des cours se déroule en salle 13 située au premier étage. Ce qui plait par-dessus tout dans cette salle, c?est sa décoration : murs gris, sol en parquet devenu gris à cause de l'usure, bureaux gris version gruyère périmé et porte vitrée en bois brut. La peinture grise devait manquer? Mais attention, le tableau est lui magistral, blanc laqué Velléda. Au fond de la salle trône une armoire d?un autre siècle, où sont entassés le matériel de physique et quelques produits chimiques inoffensifs. William et Gauthier, tous deux élèves de 4èmeA surprirent une conversation entre deux autres collégiens de leur classe, César et Quentin F. Cette discussion était à la fois intéressante pour des 4èmes car elle concernait les souvenirs de classe de l?année scolaire passée par le grand-père de leur camarade. En effet, certaines des anecdotes racontées par le collégien semblaient tout droit sortir du dernier livre d?Ulysse Moore. César dit :
_Mon grand-père m?a raconté qu?un jour le tableau de la classe s?était recouvert progressivement de formules matricielles alors que le professeur, lui, était tranquillement assis à son bureau dos au tableau. C?était trois ou quatre jours après la rentrée, en cours de physique.Ils avaient tous cru qu?il exhibait une nouvelle invention du style « le Vélléda a effet retard ». Mais, d?après ce qu?il savait, quand le professeur s?etait levé pour écrire le titre du nouveau chapitre, il avait pensé que c?était une de leurs mauvaises blagues et qu'une fois de plus, il, lui jouaient un tour. Pour les punir, toute la classe s?était retrouvée avec un devoir maison pour la semaine suivante.
_Tu penses vraiment que je vais gober ça ?demanda Quentin.
_Attends, je finis. Finalement, ils n'y étaient pour rien, et quand ils se sont aperçus, eux aussi, que leur professeur n?était pas l?inventeur de l?année, la classe s?était plongée dans un silence mystique et surtout inhabituel et leurs regards etaient hagard. Au début, ils se sont demandés si tous voyaient la même chose ou bien si c?était les effets hallucinogènes de la nourriture de la cantine. Mais très vite en regardant les copains figés, la bouche ouverte, ils ont compris que l?explication était ailleurs. A la sortie du cours, tous avaient une hypothèse plus ou moins réaliste mais personne n?avait l?envie ni le courage d?en parler au professeur principal de l'époque.
_Pffff ! C?est n?importe quoi ! Et le chien de la prof de math s?est envolé tant que tu y es.
_Il m'a aussi raconté qu?en plein cours d?anglais leur professeur s?était absenté pour aller chercher des documents dans la salle des professeurs et que la classe s?était retrouvée dans le noir comme en pleine nuit alors qu?il était 15 heures et qu?il faisait grand beau temps. Une vraie éclipse du soleil?
_Tu n?as qu?à raconter ça aux autres moi je ne te crois pas.César s'exclama:
_ Eh! vous deux, venez voir j?ai un truc à vous raconter !Je veux juste vous dire que l?année que nous allons passer sera plus terrifiante que tout ce que nous avons vécu jusque maintenant.
_Laisse tomber ! dit William, de toute façon si c?est pour essayer de nous faire peur ce n?est même pas la peine, tu n?y arriveras pas.Voyant que César avait mal pris la chose, William proposa de s?en aller, Gauthier voulut rester mais William l'incita à partir. Dans les couloirs, ils croisèrent leur professeur de physique monsieur Scanne. Une fois dans la cour Gauthier et William prirent au passage leur copain Kevin et allèrent dans un coin tranquille.
William expliqua ce qu?ils avaient entendu dire par César.
Puis Gauthier demanda à William et Kevin :
_ Vous croyez à son histoire vous ?
_ Je ne sais pas, on verra bien, de toute façon, on est en salle 13 pour tous les cours.
_C?est ce qui m?inquiète si son histoire est vraie, mais bon,je trouve que ça vaut à peine un mauvais film, conclua Kevin. Puis, ils rejoignirent tous leurs camarades qui étaient tous aussi curieux les uns que les autres.
Le lendemain se déroula sans aucun problème et la conversation étrange de la veille était déjà oubliée si ce n'était les regards moqueurs et les rires en coin de César.
Le lundi de la semaine suivant, de huit à neuf heures, les 4èmes A avaient cours de physique avec Monsieur Scanne.
Toute la classe entendit un hurlement d?outre tombe à vous glacer le sang. Le cri semblait sortir de l?armoire de chimie située au fond de la salle. Malgré l'intensité cet évènement le brave monsieur Scanne, lui, n?avait rien entendu et poursuivit ses explications inlassablement sans même s?apercevoir que toute la classe avait pivoté à 180 degrés pour décoder l?origine du cri. Juste après, tout le monde se mit à s?agiter, à questionner son voisin, à faire des hypothèses sur l?origine du hurlement et finalement, le cours se termina par un devoir surveillé et noté qui fut un véritable désastre et qui surtout n?apaisa pas les esprits. A la sortie du cours, les 4°A eurent mathématiques pendant une heure avec monsieur Azerty. Lorsque les 4èmes A sortirent à quatre heures et demie, la plupart des élèves pensaient que cela avait été le fruit de leur imagination et que les cris n'etaient pas venu de l?armoire mais des élèves qui se promenaient dans les couloirs. Certains 4èmes A qui se prénommaient Camille, Alexandre, Guillaume, et Frédéric pensaient à un esprit qui hantait la salle.
Les semaines passèrent et puis vinrent les vacances de la Toussaint.